À Marseille, en Provence, pour la Méditerranée toute entière, l’eau fait sens : dans l’histoire et la culture, dans son empreinte dans la géographie et les paysages, par son rôle économique essentiel, par les épidémies jugulées il y a si peu de temps, par les formidables peurs et dégâts de ses débordements, par la difficulté de la maîtrise de sa qualité, qu’on se tourne vers l’histoire ou l’avenir, par sa rareté comme par ses excès, ici plus que partout ailleurs dans le Monde elle a été, est et sera une attention de tous les instants, suscitant peur et plaisir, exaltation et angoisse, stimulant l’ingéniosité, dissociant les solidarités dans des luttes fratricides comme assurant le ciment des solidarités les plus profondes et les plus intimes. La présence à Marseille du siège du Conseil Mondial de l’Eau n’est pas le fruit d’un hasard, mais le résultat d’une évidence.
À partir de sources statistiques du Plan Bleu, l’Office International de l’Eau (OIE) alerte sur le fait que d’ores et déjà, les besoins de certains pays de la Méditerranée dépassent les ressources renouvelables annuelles, laissant entrevoir, si aucune modification substantielle des pratiques actuelles n’intervient, une situation critique dans moins de 20 ans (données 2005 et projections pour 2025). Parmi les onze pays (115 millions d’habitants) en situation hydrique « tendue » (ressources inférieures à 1 000 m3 par an et par habitant), sept (Algérie, Israël, Jordanie, Libye, Malte, Territoires Palestiniens, Tunisie) se trouvent d’ores et déjà sous le « seuil de pénurie absolue » (500 m3/an/hab) et avec des ressources naturelles épuisées.
Dans un contexte général peu favorable de réchauffement climatique, plusieurs constats motivent cette forte inquiétude pour l’avenir :
- une augmentation très forte des besoins, notamment pour l’irrigation, la consommation industrielle et surtout la consommation humaine qui croît avec l’urbanisation rapide des pays du sud et de l’est de la Méditerranée. Dans cette région première destination touristique mondiale, se pose dans de nombreuses situations le partage de l’eau entre l’irrigation, le tourisme et les grandes villes ;
- d’importants problèmes de gaspillage (évaporation, infiltrations) dans l’irrigation et de pollution des eaux de surfaces et souterraines (en 2004, 47 millions de méditerranéens sont privés d’un système d’assainissement) ;
- les systèmes économiques de recouvrement des coûts sont encore trop peu répandus avec, notamment dans des pays du sud et de l’est, d’énormes réticences culturelles voire religieuse à une approche industrielle et commerciale de la gestion de l’eau ;
- une formation insuffisante, non pas des ingénieurs de projets pour les aménagements mais des gestionnaires et exploitants ainsi que, sur un plan plus théorique que pratique, des agriculteurs et des irrigants.
Ainsi que le souligne l’Office International de l’Eau, le vrai problème n’est pas tant de mobiliser les ressources nouvelles, que d’en rationaliser les usages.
Le thème de l’eau est donc central dans le projet de Marseille-Provence 2013.
S’appuyant sur l’omniprésence maritime, plus immédiatement perceptible par le public, cet ensemble de programmes a pour objectif d’apporter les éléments indispensables à une compréhension des enjeux globaux attachés au cycle de l’eau, en s’appuyant sur les réalités, l’histoire, les cultures et les réflexions pour l’avenir de l’eau dans l’espace méditerranéen.
17/03/2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire